Disparition de Louis Romanet, le créateur de la décentralisation, entre autres...

05/03/2026 - Grand Destin
Directeur historique et iconique de France Galop, Louis Romanet s'est éteint ce mercredi soir, à l'âge de 78 ans. Ayant passé toute sa carrière professionnelle de 40 ans au sein de l'institution du galop français, il fut aussi un très fin connaisseurs des courses mondiales, d'ailleurs président de le FIAH (Fédération internationale des autorités hippiques). Louis Romanet fut aussi l'artisan de la décentralisation, et du partenariat du Qatar avec le Prix de l'Arc de Triomphe.


Louis Romanet, ici aux côtés du Prince Khaled Abdullah (photo APRH)

 

Louis Romanet fut le 4e membre de sa famille à la tête de l'institution hippique, cette famille ayant dirigé la Société d'Encouragement puis France Galop pendant presque 80 ans jusqu'à son départ à la retraite en 2007, au moment où s'est noué le partenariat toujours en vigueur entre le Qatar et le Prix de l'Arc de Triomphe. Lui qui avait succédé à son père Jean Romanet, Louis Romanet a connu tous les changements sociétale auxquels il a fallu s'adapter. Au début de l'ère du Président Jean-Luc Lagardère, appelé au secours au début des années 90 alors que le galop français était à l'état de banqueroute, Louis Romanet a été chargé d'organiser la décentralisation. 

Car à l'époque, on ne courrait PMU au quotidien que et uniquement en région parisienne et l'été à Deauville. Ancien président du Lion d'Angers, Alain Peltier témoigne. " En 1993, France Galop a souhaité organiser une journée test de décentralisation, qui s'est déroulée chez nous au mois de juillet. C'est une journée qui a marqué l'histoire à plusieurs niveaux. Il y avait 4 listeds au programme, avec des allocations de niveau Gr.3, des chevaux de très haut niveau qu'on ne voyait jamais d'ordinaire en province, et les jockeys de plat vedette de la Capitale, qui, à l'époque, ne se déplaçaient jamais à la campagne. Et donc aussi 3 courses PMU pour tester en vrai la prise de pari national sur un nouvel hippodrome hors de Paris.

 

 

Il faut rappeler qu'à ce moment-là, nous n'avions pas de boxe en dur sur l'hippodrome ! Il a donc fallu loger tous les chevaux dans les écuries du Haras National, distant de quelques centaines de mètres. Pour cela, toute une équipe de France Galop était venu sur place pendant plusieurs jours au préalable, avec Louis Romanet qui en était à l'origine du projet et le chef d'orchestre de l'organisation. Nous avions aussi Patrick Sabaro, Mme Migeon, Pascal Adda et François Boulard.

 

Ce fut la journée mémorable de la victoire d'Urban Sea, montée par Cash Asmussen, 3 mois avant sa victoire dans le Prix de l'Arc de Triomphe. Il était impensable à l'époque qu'un gagnant d'Arc ait couru en province quelques semaines plus tôt ! Logée au Haras National, Urban était descendu à pied sur l'hippodrome en empruntant un petit chemin au calme à travers buis et bois, puis elle est remontée après sa victoire, toujours en main, sur l'allée longeant les pistes de l'hippodrome. Et ce jour-là, malgré un météo pluvieuse, il y a eu une foule extraordinaire sur l'hippodrome. Nous avions pourtant prévu large, mais à la 2e course, nous n'avions plus de tickets et les queues de voitures s'agrandissaient sur les quais et dans le bourg du Lion, ce qui nous a conduit à ouvrir toutes les portes librement. Nous avons battu un record d'affluence, mais on ne saura jamais de combien. Je garde donc un souvenir très ému de Louis Romanet, sans qui tout cela ne serait jamais arrivé."

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